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Christmas Feelings…

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It’s Christmas Time ! Je n’ai pas envie ce soir de me poser la question de savoir ce qui rend ce moment différent où si ce moment est réellement différent. Whatever ! Ce soir, j’ai simplement ressenti le besoin de prendre mon téléphone et d’appeler la femme, la mère de nos enfants. Avec de la retenue, de la tristesse et de la tendresse malgré tout, malgré le temps, la distance et le cours de nos vies, nous avons échangé quelques mots, dérisoires, pour dire, entre les mots, que quoi qu’il se soit passé entre nous, quelques soient nos réussites ou nos échecs passés, nous serons à jamais dépositaires de moments qui n’appartiennent qu’à nous. Et que même si ces moments ne feront jamais les gros titres des journaux, même s’ils resteront insignifiants aux yeux du monde, même s’ils ne nous ont pas conduits là où nous espérions peut-être qu’ils nous conduisent, ils n’en ont pas moins existé !

La vie nous invite avec le temps à nous en détacher, à faire de ces moments des souvenirs heureux ou malheureux plutôt que des promesses perdues ou des regrets douloureux. Mais je m’accroche pourtant à essayer de ne pas oublier, de ne pas perdre en moi, la magie, la force et l’intensité de chacun d’eux, des instants qui disent combien toutes ces rencontres ont existé pour moi et combien chacune d’elles demeure à jamais importante à mes yeux.

J’espère continuer de sourire, de pleurer et de me laisser inonder par mes émotions, par toutes les images, par tous les endroits qui me rappellent combien nous étions bien, combien nous étions fous alors, combien nous étions deux… Te conosco de Silvio Rodriguez fera encore et pour toujours jaillir, je l’espère, le film clair et pur de mes souvenirs, un soir d’été sur la jetée d’un port, une main que l’on prend pour la première fois et qui nous lâche au matin dernier dans une chambre à Venise. Je veux que ce simple bateau de papier me rappelle cet amour,  cet avenir que j’ai pu désirer plus que tout. Pareil pour ces oiseaux qui volaient sur nos têtes,  le Cervin que l’on voyait de si loin.  Pour tous ces simples moments d’évidence, ces miracles, cette source magique au milieu des rochers et nos regards incrédules de se qui nous arrivait alors. Ces parents dans un même cimetière, une main ce même soir dans tes cheveux et le cours de nos vies pour un temps incertain chamboulé. Je veux ne rien oublier de Marseille où nous nous sommes reconnus, de Paris où nous nous sommes retrouvés, d’Evian où nous nous sommes secrètement et merveilleusement compromis. Je me rappèlerai ce corset qui libérait ton corps, cette magie chaque fois renouvelée quand je me blottissais enfin contre toi. J’entends encore tes enfants me demander en riant si j’allais louper mon train, cette nuit sur le bateau, une pierre ronde, douce et belle  gardée pour mon jardin.

J’en viens encore parfois à regretter qu’aucun de ces moments n’a su finalement me mener ailleurs, au-delà d’où je suis aujourd’hui. Mais je sais  que chacun d’eux à contribué à faire de moi qui je suis et peut-être, je l’espère, de vous qui vous êtes . Finalement, le sens de la vie n’est pas de nous emmener quelque part mais bien de nous offrir de saisir les opportunités de nous rapprocher chaque jour un peu plus de nous-mêmes.