|
Je lisais l’autre jour une phrase gênante – parce que du genre qui démange – tirée d’une série de causeries sur la pratique de la voie tibétaine. Chögyam Trungpa l’une des figures les plus controversées, provocantes et inspirantes du bouddhisme du XXe siècle – j’aime bien, peut être par principe, les personnes controversées, provocantes et par voie de conséquence inspirantes – affirmait que la déception est le meilleur véhicule que l’on puisse utiliser sur le sentier – pour le moins escarpé – du Dharma, un terme qui serait sans doute dangereux et réducteur d’essayer de définir en quelques mots. Disons pour s’y essayer tout de même que le Dharma désigne la nature ultime du réel, ce qui doit être. La déception ne serait donc pas ce sentiment défavorable laissé par la perte de ce qui était espéré mais le moyen d’atteindre à l’illumination. Diantre ! Chögyam Trungpa dit que la déception manifeste que nous sommes fondamentalement intelligents et qu’elle infirme l’existence de notre ego et de ses rêves. Si je parviens à concevoir que nos attentes, comparées à la réalité des situations que nous affrontons, ne sont pas toujours pertinentes, est-il besoin de renoncer à nos rêves ou à nos idéaux pour envisager de parvenir à trouver un peu de sagesse en ce monde ? En quoi le fait de cultiver la déception de cet enfant l’aurait-elle conduit à plus de sagesse ? Est-il illégitime de vouloir atteindre à l’excellence, au dépassement de soi ? Faut-il se résoudre à accepter sa médiocrité pour avancer sur le bon chemin ? La réponse de cette mère à sa fille me semble pour ma part emplie d’une certaine sagesse, non ? |
|
Harmonic 33 – Extraordinary People |
Posts Tagged ‘bouddhisme’
février 28th, 2008
No Comments »

